Nos tutelles

CNRS UCA

Nos partenaires

FRE Recherches en Environnement FEDER

Rechercher




Accueil > Français > Équipes > Communautés microbiennes : Ecotoxicologie - Santé (CMES) > Recherches

Biofilms dans les effluents hospitaliers

par Genevieve B - publié le

Biofilms dans les effluents hospitaliers : carrefours d’échanges potentiels pour les résistances aux antibiotiques ?

La résistance aux antibiotiques constitue l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement. Elle concerne même les molécules les plus récemment mises sur le marché de la santé humaine, telles les carbapénèmes, (antibiotiques de la famille des β-lactamines), en raison de la dissémination de gènes codant des carbapénémases, enzymes capables de dégrader ces antibiotiques. Peu d’études ont été consacrées à la caractérisation du niveau de résistance des bactéries de l’environnement, notamment des eaux usées hospitalières, qui constituent probablement un « hot point » pour l’échange de gènes de résistance aux antibiotiques entre bactéries issues des patients et bactéries de l’environnement.
Le travail a permis de révéler la présence de bactéries résistantes aux carbapénèmes (imipénème) dans les effluents de l’hôpital universitaire de Clermont-Ferrand et plus spécifiquement dans des agrégats dénommés biofilms constitués sur les surfaces.
Il s’agit de bactéries appartenant aux genres Aeromonas, Pseudomonas, Stenotrophomonas et Acinetobacter. Certaines de ces souches hébergent les gènes transmissibles codant les carbapénémases suivantes : blaVIM, blaOXA, blaGES et blaNDM. Tous les isolats présentent également des résistances associées à d’autres antibiotiques de la famille des aminoglycosides, fluoroquinolones et / ou tétracycline. Aucune résistance de ce type n’a été observée au cours de la même période chez les patients de cet hôpital.
Au vu de la consommation de ces molécules antibiotiques par les patients déterminée sur la période d’essai, la concentration théorique moyenne dans les effluents était de 3,16 µg / L. Les bactéries des biofilms de ces effluents ont donc été régulièrement soumises à des pressions de sélection antibiotiques, molécules qui même à faibles doses peuvent favoriser les échanges de mécanismes de résistance. Cependant, et probablement en raison de son instabilité, aucune molécule d’imipenème n’a été détectée dans l’effluent de l’hôpital. Cependant, la valeur prédictive du quotient de danger par rapport au développement de la résistance est supérieure à 1,0 (HQr = 28,9 ± 1,9), ce qui indique un risque possible.

La présence de gènes codant des carbapénémases dans les souches bactériennes de biofilms d’effluents hospitaliers et leur capacité de transfert constituent un danger potentiel à ne pas négliger et soulignent la nécessité de surveiller la résistance aux antibiotiques dans les eaux usées hospitalières.

Biofilms in hospital effluents as a potential crossroads for carbapenemase-encoding strains ? J. Ory, G. Bricheux, F. Robin, A. Togola, C. Forestier, O. Traore. Science of the Total Environment. Volume 657, 20 March 2019, Pages 7-15